• 1789. Quelques jours après la prise de la Bastille, des centaines d’ouvriers s’activent dans l’ancienne forteresse. L’entrepreneur Palloy dirige les opérations.
    Le but ? Démonter pierre à pierre le vieux bâtiment, symbole du pouvoir monarchique. Mais qu’est-ce que Palloy compte faire de ces milliers de blocs ?

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle
    Anonyme, Démolition du château de la Bastille, 1789, eau-forte, Bibliothèque nationale de France Voir en grand

     

    L’entrepreneur a de l'ambition. Il a profité du chaos de juillet 1789 pour s’attribuer le monopole du chantier de démolition. La Bastille est à lui !

    À lui aussi la charge de revendre au plus offrant cette réserve de somptueuses pierres de taille. Cela tombe bien, plusieurs grands projets d’urbanisme étaient en pause, faute de moyens financiers et de matériaux.

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle

    Donchery, Portrait de Pierre-François Palloy, vers 1789, 29 x 23 cm, Musée Carnavalet, Paris

     

    Parmi eux, le pont de la Concorde : le projet dormait dans les cartons depuis plus de soixante ans !

    L’architecte en charge du projet, Perronet, est donc ravi de pouvoir se procurer au meilleur prix les pierres indispensables à l’avancée du chantier.

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle

    Jean-François Janinet, Pont de la Concorde, fin du XVIIIe siècle, eau-forte, Musée Carnavalet, Paris

     

    Le pont, très moderne, est l’un des premiers ponts plats de Paris, ce qui permet une meilleure circulation des véhicules.

    De plus, le symbole est fort : les pierres de la Bastille sont utilisées pour paver le pont, les Parisiens vont littéralement piétiner l’ancienne prison royale… C’est donc en recyclant les restes de la vieille forteresse que Paris se modernise.

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle

    Anonyme, Place et pont de la Concorde, entre 1890 et 1900, photochrome, Bibliothèque du Congrès, Washington Voir en grand

     

    Quant à Palloy, jamais à court d’idées, il trouve aussi une utilité aux pierres les plus petites.
    Pour commémorer la prise de la Bastille, il fait sculpter des dizaines de petites maquettes de la forteresse. Ses « souvenirs » font un carton ! Un commerce tout aussi juteux que les chantiers de construction…

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle

    Maquette de la Bastille, entre 1789 et 1794, pierre, 37 x 95 x 98 cm, Musée Carnavalet, Paris
    Voir en grand

     

    Où l’on assiste au démontage du siècle

    Hubert Robert, La Bastille, dans les premiers jours de sa démolition, 1789, huile sur toile, 77 x 114 cm, Musée Carnavalet, Paris Voir en grand 

    Pour en savoir plus :

    Sur la prise de la Bastille
    Sur Palloy et la Bastille
    Sur le pont de la Concorde 

    Article paru dans Artips


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