• Le Louvre recevait sa pyramide

     

    Chantier emblématique de la présidence de François Mitterrand, la réorganisation du musée du Louvre avec sa pyramide a droit à sa première inauguration en octobre 1988.

     

    Le Louvre recevait sa pyramide

     Extrait de l’édition du 10 octobre 1988

     

    Elles ont l’air d’avoir toujours été là. Et pourtant du haut de ces pyramides du Louvre, moins de 30 ans nous contemplent. En ce 10 octobre 1988, Le Figaro consacre un large article à l’inauguration de la première tranche des travaux de réorganisation du Grand Louvre, prévue le 14 octobre. Des festivités qui ne constituent que «le milieu du gué» d’un chantier qui doit se prolonger jusqu’en 1995 rappelle le quotidien.

    L’occasion tout de même de revenir sur le travail «colossal» qui a déjà été accompli. «Quelque 5000 terrassiers, grutiers, maçons, peintres, contremaîtres divers et ingénieurs multiples, tailleurs de pierre, artisans traditionnels et ouvriers aux spécialités hypersophistiquées se sont côtoyés et succédé sur le chantier», écrit le quotidien. Il rappelle au passage que pour la cour Napoléon, là où est située la pyramide, «il aura fallu quarante-cinq mille heures de travail pour le seul pavage des bassins et du sol. Cela représente 50.000 pavés. Il s’agit de granit de Languedias, dont la couleur claire reprend la teinte des pierres du palais.»

    Même si l’on demeure rétif au principe même d’une expression architecturale contemporaine au sein de la vénérable cour palatiale, on peut donner acte à M. Pei de sa préoccupation d’harmonie générale.

    «Les fontaines brassent en continu 250 mètres cubes d’eau pour les plus grandes et 150 pour les plus petites, soit 1000 mètres cubes au total. Après les bassins du Trocadéro, cela en fait le plus grand jeu parisien», précise encore Pierre Branche dans son article. L’auteur ne pouvait pas éviter d’aborder les polémiques qui encore particulièrement vivent à l’époque autour du choix architectural retenu par le président de la République.

     

    Le Louvre recevait sa pyramide

     L’architecte Ieoh Ming Pei, le 2 mai 1985

     

    « Et puis, même si l’on demeure rétif au principe même d’une expression architecturale contemporaine au sein de la vénérable cour palatiale, on peut donner acte à M. Pei de sa préoccupation d’harmonie générale, précise le journal. Cette pyramide, haute exactement de 21,64 mètres entourée de ses sept bassins triangulaires ponctuée par trois petites pyramides de 4,92 mètres constitue un ensemble ordonné et rigoureux à défaut d’être discret et modeste. »

    80.000 m² supplémentaires ouverts à la déambulation

    On apprend au passage qu’il n’a pas été possible de creuser à plus de 9 mètres de profondeur, «en raison des risques d’infiltration des eaux de Seine» et que les travaux doivent permettre de dégager à terme 80.000 m² «ouverts à la déambulation.» Et du côté du porte-monnaie? «Le coût de cette première phase qui s’achève avec l’inauguration de la pyramide atteint 2 milliards de francs, dont 90 millions pour la pyramide et les bassins. L’opération dite du Carrousel entamée en novembre prochain, s’achèvera en 1991. Elle est évaluée à 750 millions de francs. Le ministère des Finances ayant quitté les lieux, le redéploiement muséologique s’étendra de 1989 à 1995. Une enveloppe de plus de 3 milliards a déjà été dégagée à cet effet.»

     

    Le Louvre recevait sa pyramide

    Le 31 octobre 1986, la cour Napoléon en plein chantier

     

    Le Louvre recevait sa pyramide

    La pyramide prend forme

     

    Le Louvre recevait sa pyramide

    Le 10 avril 1987, François Mitterrand examine une des épaisses dalles de verre de la future pyramide du Louvre

    Article paru dans le Figaro


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