• Que signifie le logo de Paris 2024 ?

     

    C’est officiel depuis tout juste une semaine : Paris tient ses jeux ! L’olympisme fera son retour dans la capitale française en 2024, cent ans après les derniers Jeux olympiques organisés dans l’Hexagone. L’occasion de nous intéresser au logo de Paris 2024, une création purement française. Qui l’a réalisé ? Que signifie-t-il ?

    Suresnes, en région parisienne. C’est ici, dans les bureaux de l’agence indépendante Dragon Rouge, spécialisée dans les univers du design et de l’innovation, que germe l’idée. « Un appel d’offres public, c’est-à-dire ouvert à tous, a été lancé par Paris 2024, se remémore Pascale Chinotti, directrice conseil de Dragon Rouge. Nous avons été une douzaine d’agences à candidater. Chacune devait fournir plusieurs propositions de logo. »

    Un travail collectif s’engage alors, et non le labeur d’un seul homme, comme écrit ici ou là. « Cinq personnes étaient chargées du dossier, rectifie-t-elle en réponse à la personnification de l’œuvre. Le directeur de l’agence, un consultant et trois créatifs. »

    Résultat : Dragon Rouge est retenue. Probablement « car nous étions en phase avec l’identité de partage souhaité par Paris 2024 », considère le directeur créatif de l’agence, Olivier Vinet.

    La suite ? « Entre cette annonce et la présentation publique du logo final, il s’est passé seulement trois mois », retrace Pascale Chinotti. Trois mois pour réaliser le logo définitif. Avant son dévoilement, le 9 février 2016. « Une fierté », forcément. Les Jeux olympiques sont le premier événement sportif au monde, son impact médiatique est incomparable.

     

    Que représente-t-il ?

     

    Que signifie le logo de Paris 2024 ?

    Le logo, lors de sa présentation sur l’Arc de Triomphe, l’an dernier. (Photo : Lionel Bonaventure/AFP)

     

    Difficile de passer à côté des deux éléments majeurs du logo, à savoir : « Le chiffre 24, comme Paris 2024 – mais aussi comme 1924 – formant la Tour Eiffel, symbole et icône de Paris et de la France », précise la directrice conseil. Pourquoi ça ? « La candidature est une marque, poursuit-elle. Et toute marque doit porter une idée. On s’est donc demandé : quelle va être l’idée que les gens vont retenir à l’international ? » Une date et un emblème fort. Auxquels s’ajoutent les couleurs de l’olympisme et de la France, respectivement sur les parties supérieures et inférieures du logo, en dégradé. Un logo simple, mais moderne.

    Réponse parfaite à la commande passée. « La candidature était à la recherche d’une marque universelle, qui parle à tous, tous les pays, toutes les populations, tous les profils, sportifs ou non », révèle l’agence, Grand Prix stratégies du Design 2016, à l’origine, entre autres, des logos du PSG et de la Fédération française de Football.

    « Notre défi devait répondre à un double enjeu de mobilisation en France et de reconnaissance à l’international, en portant haut et fort les valeurs de cette candidature : celles d’une France et plus particulièrement d’une ville accueillante, cosmopolite, dynamique, audacieuse et humaine avant tout. » Un logo universel, donc, « à identité forte, impactant et mémorisable ». Bingo. La Tour Eiffel est célèbre dans le monde entier. Et sa silhouette, très facilement identifiable sur ce logo.

     

    Que dit-il ?

     

    Que signifie le logo de Paris 2024 ?

    Le logo, symbole de rassemblement, modernité et dépassement de soi. (Photo : Benoit Tessier/Reuters)

     

    Le logo reflète, selon l’agence, « limage des jeux que Paris rêve doffrir au monde ». Des jeux simples, modernes, et surtout rassembleurs. Ses têtes pensantes se sont d’ailleurs attachées aux deux maîtres mots de la candidature parisienne : « rassemblement » et « ensemble ». « Le logo devait s’ouvrir à tous, rappelle Olivier Vinet. Et la Tour Eiffel appartient à tous les citoyens. »

    Le succès est immédiat. La scénarisation du logo marque les esprits. Les Français se sont immédiatement approprié le logo, l’ont aussitôt adopté avec leurs mains par un geste en forme de triangle. « Le logo a été au centre de la candidature, se réjouit-on chez Dragon Rouge. Nous voulions l’exprimer autour d’un geste que tout le monde peut reproduire facilement et qui valorise la dimension humaine de l’événement. On appelle ça un « mot image ». »

     

    Que signifie le logo de Paris 2024 ?

    Le succès a été immédiat. Les Français se sont tout de suite approprié le logo. (Photo : Jean-Baptiste Gurliat/AFP)

     

    Une dame de fer symbole de la France, mais aussi de l’audace, de la vaillance. « C’est ce que la France avait montré de meilleur niveau ingénierie à sa création, mentionne Olivier Vinet. Elle exprime le dépassement de soi, l’audace dont la France a besoin. » Une création humaine par ailleurs : « le logo a été dessiné à la main, avec un crayon, détaille-t-il. Cela signifie qu’il y a un homme derrière, pas un ordinateur. »

    Pour s’assurer qu’il n’y ait aucun quiproquo, l’agence s’est appuyée sur son réseau à l’international. « On l’a soumis à toutes nos agences dans le monde, pour être sûrs qu’il ne porte de symbolique négative nulle part et qu’il soit adapté et parlant pour tous. » Logo adopté auquel se sont accolés, par la suite, les cinq anneaux de l’olympisme. « C’était interdit avant la sélection. »

     

    Vers un nouveau logo ?

     

    Que signifie le logo de Paris 2024 ?

    Le logo de candidature de Paris pour les JO 2024 ne sera pas le logo des jeux. (Photo : Franck Fife/AFP)

     

    Signe d’un mouvement collectif qui fédère et mobilise, au lendemain du dévoilement de cette nouvelle identité sur l’Arc de Triomphe, 46 millions de comptes Twitter avaient relayé l’information. On comptait 100 millions d’impressions et 23 000 tweets à ce sujet.

    Selon une étude, 74 % des Français apprécient et comprennent sa symbolique. Parmi eux, madame la maire de Paris, ravie du résultat. « Ce logo illustre la beauté et l’élégance de Paris, mais également sa modernité et sa capacité à se réinventer constamment, déclarait Anne Hidalgo, lors de la présentation officielle du logo. Il reflète les valeurs d’une ville et d’un pays en mouvement, cosmopolites et innovants, qui brillent par leur ouverture et leur humanité. »

     

    Que signifie le logo de Paris 2024 ?

    La sprinteuse Christine Arron posant avec le logo de candidature de Paris 2024. (Photo : Benoit Tessier/Reuters)

     

    Pour autant, le logo actuel ne sera pas celui des Jeux. « C’est un principe : le logo de candidature n’est jamais le logo officiel des JO », souligne Pascale Chinotti. Rien ne dit également qu’il sera le fruit du travail de cette agence. Il y aura un prochain appel d’offres, « dans les années à venir », prévoit la commission d’organisation de Paris 2024. Une nouvelle compétition dans laquelle Dragon Rouge se lancera corps et âme, « c’est évident ».

    Article paru dans Ouest-France


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  • Une maison « branchée » à deux pas du Père Lachaise


     

    C’est une petite maison inattendue que l’on découvre non loin du cimetière du Père Lachaise. Située au nord du plus grand cimetière de la capitale, à quelques mètres de son entrée de la rue des Rondeaux, cette maisonnette carrée, toute de blanc vêtue, laisse apparaître un motif de façade particulièrement insolite : des branchages qui tapissent l’ensemble de la bâtisse. De quand date la maison ? Pourquoi cette façade ? En quoi est-elle construite ? On vous en dit plus.

     

    Une maison « branchée » à deux pas du Père Lachaise

     

    Une construction qui reprend les codes de l’Art Nouveau

    Crèche municipale à sa création, crèche associative aujourd’hui, cette insolite bâtisse a été, tout au long de son existence, un lieu d’accueil pour les tout-petits du quartier. C’est peut-être pour cela que son architecte a choisi le thème forestier. L’arbre est bien le symbole de l’être vivant qui évolue, grandit, bref, qui pousse, non ? Il ne s’agit que de spéculation de notre part et, finalement, on ignore pourquoi ce choix. Ce dont on est certain, c’est que les courbes en arabesques, les entrelacs végétaux et les petites touches de couleur verte rappellent le style Art Nouveau, caractéristique de l’époque de construction de la maison. Cette insolite demeure date en effet de 1899 et est l’œuvre de l’architecte Charles-Jean Delacroix.

     

    Une maison « branchée » à deux pas du Père Lachaise

     La petite maison de la Place Martin Nadaud au début du XXème siècle

     

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas une once de bois n’a été utilisée pour construire l’édifice ! En effet, les moulures imitant les branchages, les montants de  l’auvent, les garde-corps des fenêtres et même les barrières de l’entrée sont entièrement factices.  À l’époque de son édification, du véritable lierre grimpant avait néanmoins été installé le long des murs. Histoire de parfaire l‘aspect végétal et champêtre ou pour donner un peu plus d’authenticité à cette demeure artificielle ? On ne sait pas, mais c’est sans doute ce qui a permis à l’édifice de conserver toute sa fraîcheur et de nous arriver en si bel état !

    Crèche Laïque du Père Lachaise - 3 place Martin Nadaud, 75020

    Métro : Gambetta (lignes 3 et 3bis)

    Crédit photo de Une : Parisdailyphoto

     

    Article paru dans Paris Zig Zag


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  • Les musées gratuits à Paris


     

    Plus confidentiels et moins connus que les mastodontes parisiens que sont le Musée d’Orsay, le Louvre ou le Grand Palais, les musées gratuits n’en valent pas moins le détour. Le cadre, le charme et la richesse des œuvres qu’ils présentent en font des endroits à privilégier si on souhaite découvrir un Paris plus secret. Leur fréquentation est très loin d’être à la hauteur de leur véritable valeur donc foncez-y avant que cela ne s’ébruite trop !

    Les musées de la Ville de Paris

    Depuis 2001, l’accès aux collections permanentes de onze musées de la ville de Paris est gratuit. Parmi les 14 lieux culturels gérés par la Ville de Paris, seuls les Catacombes, la Crypte archéologique et le Palais Galliera ne sont pas gratuits. Dans ces onze musées, on découvrira l’œuvre et la vie de quelques grands artistes tels que les sculpteurs Bourdelle et Zadkine et les écrivains Balzac et Victor Hugo. On pourra également en apprendre plus sur l’histoire de la capitale au Musée Carnavalet, découvrir la grande diversité des arts asiatiques au Musée Cernuschi, ou encore s’imprégner de l’histoire des « Compagnons de la Libération » que sont le Général Leclerc de Hauteclocque, Jean Moulin et la Ville de Paris. Des musées variés qui sauront plaire à tous.

     

    Les musées gratuits à Paris

     

    Les anciennes maisons d’artistes

    Maison de Balzac (hors période d’exposition temporaire)
    47 rue Raynouard, 75016 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Passy (ligne 6), La Muette (ligne 9)

    Musée Bourdelle (en partie en période d’exposition temporaire)
    18 rue Antoine Bourdelle, 75015 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Montparnasse-Bienvenüe (lignes 4, 6, 12 et 13), Falguière (ligne 12)

    Maison de Victor Hugo

    6 place des Vosges, 75004 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Saint-Paul (ligne 1), Bastille (lignes 1, 5 et 8)

    Musée Zadkine (en partie en période d’exposition temporaire)
    100 bis rue d’Assas, 75006 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Vavin (ligne 4), Notre-Dame-des-Champs (ligne 12)

    Musée de la Vie Romantique
    Hôtel Renan Scheffer, 16 rue Chaptal, 75009 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Saint-Georges (ligne 12), Pigalle (lignes 2 et 12)

     

    Les musées gratuits à Paris

     

    Les musées d’art généralistes

    Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
    11 avenue du Président Wilson, 75116 – du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi (22h)
    Métro : Alma-Marceau ou Iéna (ligne 9)

    Petit Palais, musée des Beaux-Arts de Paris
    Avenue Winston Churchill, 75008 – du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le vendredi (21h)
    Métro : Champs-Élysées Clémenceau (lignes 1 et 13), Invalides (lignes 8 et 13)

    Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie
    7 avenue Velasquez, 75008 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Villiers (lignes 2 et 3), Monceau (ligne 2)

    Musée Cognacq-Jay, le goût du XVIIIème siècle (en partie en période d’exposition temporaire)

    8 rue Elzévir, 75003 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Saint-Paul (ligne 1), Chemin Vert (ligne 8), Rambuteau (ligne 11)

     

     

    Les musées gratuits à Paris

     

    Les musées historiques

    Musée du Général Leclerc et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin
    23 allée de la 2ème Division Blindée, Jardin Atlantique – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Montparnasse-Bienvenüe (lignes 4, 6, 12 et 13), Gaité (ligne 13)

    Musée Carnavalet, Histoire de Paris
    16 rue des Franc-Bourgeois, 75003 – du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Métro : Saint-Paul (ligne 1), Chemin Vert (ligne 8)
    Le musée Carnavalet est fermé pour travaux jusqu’à fin 2019

     

    Les musées gratuits à Paris

     

    Les autres musées gratuits

    Souvent beaucoup plus spécialisés et encore moins grands que les musées de la Ville de Paris, ces lieux valent pourtant que l’on s’y attarde. Encore là, la diversité de l’offre proposée permettra à chacun de trouver son bonheur. On se rend au Plateau si l’on s’intéresse à l’art contemporain, au Musée Curie pour découvrir le quotidien et les travaux de la famille scientifique la plus réputée de France et au Musée de la Préfecture de Police si l’on veut s’imprégner de l’histoire quadri-centenaire de la police parisienne. Des lieux pour tout le monde, on vous dit.

    Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie
    2 rue de la Légion d’honneur, 75007 – du mercredi au dimanche de 13h à 18h
    Métro : Assemblée Nationale ou Solferino (ligne 12)

    Mémorial de la Shoah

    17 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 – du dimanche au vendredi de 10h à 18h
    Métro : Pont-Marie (ligne 7), Saint-Paul (ligne 1)

    Musée de la Préfecture de Police
    4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, 75005 – du lundi au vendredi de 09h30 à 17h
    Métro : Maubert-Mutualité (ligne 10)

    Musée Curie
    1 rue Pierre et Marie Curie, 75005 – du mercredi au samedi de 13h à 17h
    Métro : Place Monge (ligne 7), Cardinal Lemoine (ligne 10), Luxembourg (RER B)

    Musée du Parfum Fragonard (à ne pas confondre avec le Grand musée du Parfum) 
    3-5 square de l’Opéra Louis-Jouvet, 75009 – du lundi au samedi de 9h à 18h
    Métro : Opéra (lignes 3, 7 et 8), Auber (RER A)

    Musée Valentin-Haüy, histoire et représentation de la cécité
    5 rue Duroc, 75007 – le mardi et mercredi de 14h30 à 17h30
    Métro : Duroc (lignes 10 et 13)

    Musée-Librairie du Compagnonnage
    10 rue Mabillon, 75006 – du lundi au vendredi de 14h à 18h
    Métro : Saint-Germain-des-Prés (ligne 4), Mabillon (ligne 10)

    Le Plateau, centre d’art contemporain FRAC Île-de-France
    22 rue des Alouettes, 75019 – du mercredi au dimanche de 14h à 19h
    Métro : Buttes-Chaumont (ligne 7b), Jourdain (ligne 11)

     

    Article paru dans Paris Zig Zag


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  • Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924 

     

    En 1924, Paris organisa la 8ème Olympiade de l’ère moderne. Une compétition étalée sur 84 jours (du 4 mai au 27 juillet 1924) qui donnèrent aux Jeux olympiques une nouvelle ampleur.  

    Ces jeux furent les derniers de Pierre de Coubertin comme président du Comité International Olympique, qui avait largement contribué à ce que la capitale française, malgré quelques réticences, soit choisie. En effet, les derniers Jeux organisés par Paris, en 1900, n’avaient pas été une grande réussite, noyés par le succès populaire de l’Exposition Universelle organisée la même année. Il souhaitait ainsi, avant de se retirer, replacer Paris parmi les grandes villes mondiales du sport.

    Pour la première fois, des épreuves furent commentées en direct à la radio, et 1.000 journalistes accrédités relayèrent dans le monde entier les exploits des sportifs. Autre nouveauté, les Jeux de Paris furent les premiers à organiser une cérémonie de clôture. Le succès fut au rendez-vous, faisant entrer les Jeux dans une nouvelle ère, à la fois populaire, commerciale et médiatique.

    La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 1924 eut lieu au Stade Olympique de Colombes (actuel stade Yves-du-Manoir) le 5 juillet 1924 (certaines compétitions, notamment le football, le rugby et le polo avaient déjà commencé). 44 nations étaient représentées. L’Allemagne, ennemie de la Première Guerre Mondiale, ne fut pas invitée.  Sur les  3 089  athlètes en compétition, seulement 135 étaient des femmes.

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    La délégation française lors de la cérémonie d’ouverture. Le Miroir des Sports.

     

    À cette époque déjà se posait la question des équipements, et des coûts liés à la construction de nouveaux sites olympiques. La plupart des compétitions se déroulèrent dans le stade de Colombes, et en banlieue parisienne dans des infrastructures déjà existantes.

    À Paris, le stade Bergeyre, à l’emplacement de l’actuelle butte Bergeyre, accueillit des matchs de football ; la piscine des Tourelles (actuelle piscine Georges-Vallerey, 20ème arrondissement), la natation ; et le Vélodrome d’Hiver l’escrime, la boxe, la lutte, le poids et les haltères.  

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    Le tennis fit sa dernière apparition à Paris avant d’être réintégré lors des Jeux de Séoul en 1988.

     

    L’équipe de France présentait l’une des meilleures équipes du monde, avec chez les hommes les célèbres « Quatre mousquetaires » et, chez les femmes, Suzanne Lenglen, qui dominait son sport sans partage depuis 1919. Malheureusement, Suzanne Lenglen dut abandonner, et le français Henri Cochet s’inclina en finale contre l’américain Vincent Richards. Les américains raflèrent la totalité des médailles d’or.

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    COCHET Henri et BRUGNON Jacques / olympic.org

     

    Parmi les exploits sportifs les plus célèbres de ces Jeux de 1924 figurent ceux de Johnny Weissmuller, futur interprète de Tarzan. Né en 1904 dans l’actuelle Roumanie, il émigra avec sa famille aux États-Unis à l’âge de sept mois. En 1922, il fut le premier nageur à passer en dessous d’une minute au 100 mètres nage libre avec un temps de 58,6 secondes.

    Sélectionné par les États-Unis pour participer aux Jeux mais n’ayant pas la nationalité américaine, il falsifia ses papiers en se faisant passer pour son frère, né sur le sol américain. Il remporta 3 médailles d’or (100m, 400m et 4x200m) et une médaille de bronze avec l’équipe de water-polo.

    Avant de rejoindre Hollywood pour incarner Tarzan, Johnny Weissmuller n’a jamais perdu une course en compétition.

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    CHARLTON Andrew, WEISSMÜLLER John, et BORG Arne / olympic.org

     

    Le rugby à XV fut pour la dernière fois inscrit au programme des Jeux olympiques. Victime d’un désintérêt général, notamment de la part des nations britanniques, seuls participèrent les États-Unis, la France et la Roumanie.

    Lors de la finale qui opposa la France aux États-Unis, les spectateurs du stade de Colombes ne supportèrent pas la défaite de la France 17 à 3. Criant à la triche et à la corruption, l’hymne américain fut sifflé, les vainqueurs sortirent du stade sous la protection de 250 policiers, et le cameraman qui tentait de capter ces images reçut des cailloux de la part du public. Le rugby à XV a depuis disparu des Olympiades.

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

     

    Les finlandais dominèrent quant à eux l’athlétisme avec 10 médailles d’or. L’exploit le plus mémorable fut celui de l’athlète Paavo Nurmi qui remporta le 1.500 et le 5.000 mètres à deux heures d’intervalle, et en battant à chaque fois le record olympique !

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    Paavo Nurmi

     

    En athlétisme toujours, le britannique Eric Liddell, grand favori du 100 mètres, mais aussi Protestant, et fervent croyant, refusa de participer à la finale organisée un dimanche, jour du Seigneur… C’est son compatriote Harold Abrahams qui s’imposa au 100 mètres.  Il remporta néanmoins le 400 mètres, qui n’était pas sa spécialité, mais dont la finale eut lieu… un jeudi !

    Cette histoire a inspiré le film « Les chariots de feu », qui a remporté quatre Oscars en 1982. 

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

    Eric Liddell

     

    La France finit 3ème avec 13 médailles d’or et un total de 38 médailles, derrière les États-Unis et la Finlande.

     

    Quand Paris organisa les Jeux Olympiques en 1924

     Tableau des médailles Paris 1924 / lequipe.fr

     

    Des jeux remplis d’exploits, d’anecdotes sportives, de désillusions et de surprises, comme seul sait en offrir le sport. En espérant qu’il en soit de même pour ceux de 2024 !


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  • À quoi ressemblait un logement parisien au XVIIème siècle ?

     

    Le XIXème siècle et les travaux de modernisation d’Haussmann ont sans conteste changé le visage de la capitale. Plus qu’aucune autre période avant elle ? Peut-être pas. En effet, lorsque l’on s’intéresse de plus près à l’architecture et l’urbanisme de Paris, on se rend compte que le XVIIème siècle a lui aussi été une grande époque de changements urbains.

    L’immense incendie qui a eu lieu à Londres en septembre 1666, détruisant près de 13.000 maisons en l’espace de quelques jours, a fait prendre conscience aux autorités parisiennes du danger que pouvait courir leur ville. Comme à Londres, les maisons des quartiers populaires de Paris sont construites en pan de bois à pignon sur rue. En cas d’incendie, des quartiers entiers de la capitale pourraient partir en fumée, le feu se propageant de maison en maison sans que l’on ne puisse faire grand- chose.

    On décide alors d’interdire la construction de nouvelles maisons en bois en imposant l’utilisation de la maçonnerie. Les anciennes masures sont quant à elles recouvertes de plâtre afin de mieux résister au feu. Ainsi, la fin du XVIIème siècle change profondément le visage de Paris. Mais comment vivait-on durant cette époque charnière ? À quoi ressemblait un « appartement » parisien ?

     

    À quoi ressemblait un logement parisien au XVIIème siècle ?

    L’Île de la Cité au XVIIème siècle

     

    Les parcelles sont étroites et les maisons construites en longueur

    À cette époque, Paris conserve un fort héritage médiéval et reste une ville étroite et sombre. Les parcelles peu larges imposent de construire les habitations tout en longueur et en hauteur. Aussi, deux types de logements se côtoient : des maisons à deux corps de logis, l’un donnant sur la rue et l’autre au fond de la cour, et des maisons avec un bâtiment unique complété par une cour arrière.

     

    À quoi ressemblait un logement parisien au XVIIème siècle ?

    Plan de plusieurs maisons du XVIème siècle. © Pierre Couperie et Madeleine Jurgens, Le logement à Paris au XVIème et XVIIème siècles

     

    Présentes dans tous les quartiers de Paris, ces maisons privées se présentent presque toujours de la même manière. Au rez-de-chaussée, un couloir latéral longe la boutique qui donne sur rue ; s’il n’y a pas de boutique, cette petite allée longe ce que l’on appelle la « salle », une grande pièce qui peut servir à tout (chambre, lieu de vie, bureau, salle de réception, etc.) et dont l’utilité varie en fonction du nombre de locataires, mais aussi de la période de l’année. Une cuisine, la seule de la maison, complète cet étage à fleur de sol.

    Dans les trois ou quatre étages supérieurs et dans le grenier se trouvent les chambres, tandis que la cave est dévolue au garde-manger. C’est exactement comme aujourd’hui me direz-vous ? Détrompez-vous ! Une différence essentielle réside dans la façon dont les logements sont agencés.

    On loue par tranche verticale (et sans aucune logique)

    Pour nous, un appartement est constitué de plusieurs pièces reliées entre elles et formant une unité, mais, à l’époque, l’unité est la pièce : on ne loue pas un ensemble de pièces, mais un certain nombre de pièces, ce qui fait toute la différence. En effet, ces dernières peuvent être situées n’importe où dans l’immeuble. En fonction de ce que le propriétaire veut bien nous donner, on peut ainsi se retrouver avec une pièce au premier étage et une autre à l’autre bout de la maison au troisième étage… Ce joyeux désordre est accru par le fait que les propriétaires ont plutôt tendance à louer par tranche verticale, et non horizontale comme aujourd’hui.

    Le cas de Molière, par exemple, est éloquent. Son logement, situé place du Palais-Royal, possédait quatre pièces, deux au premier et deux autres au deuxième étage, ce qui était un vrai luxe pour l’époque. Mais le dramaturge était loin d’avoir le luxe de la tranquillité : il devait traverser les pièces d’autres locataires pour se rendre de l’une à l’autre de ses pièces !

    Il y a beaucoup de mobilier et peu d’espace

    Dernier aspect nous faisant comprendre que les Parisiens de l’époque n’avaient pas une vie aussi tranquille que la nôtre : les pièces servaient pour tout et tout le monde. Les locataires devaient donc entasser beaucoup de choses dans un tout petit espace. Des registres de l’époque rapportent ainsi qu’une famille, vivant dans une seule pièce au niveau de la rue de Richelieu (1er arrondissement), possédait un lit double, un berceau, deux guéridons, deux cabinets, douze chaises, un tabouret et deux fauteuils… dans 20 m². Ça ne laisse pas beaucoup de place pour faire de l’exercice…

    Article paru dans Paris Zig Zag


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